Technicien chauffagiste certifié RGE inspectant une unité extérieure de pompe à chaleur résidentielle
Publié le 26 janvier 2026

Votre PAC tourne depuis un an. Pas de bruit suspect. Pas de panne. Alors pourquoi un chauffagiste vous relance pour un contrat d’entretien à 250 € ? Arnaque commerciale ou vraie obligation ? Je vais vous donner la réponse claire que votre installateur aurait dû vous fournir dès le départ.

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas les préconisations du fabricant de votre équipement. Pour tout entretien, faites appel à un professionnel certifié RGE.

L’essentiel en 30 secondes

  • PAC supérieure à 4 kW : entretien obligatoire tous les 2 ans (décret 2020)
  • PAC inférieure à 4 kW : pas d’obligation légale, mais fortement recommandé
  • Coût : entre 150 et 300 € l’intervention, ou 175 à 290 €/an en contrat
  • Sans attestation : risque de perdre la garantie constructeur

Oui, l’entretien est obligatoire (mais pas pour toutes les PAC)

J’ai accompagné récemment les Martin à Créteil. Leur PAC Daikin air-eau de 8 kW, installée en 2021, a eu une panne compresseur. Facture annoncée : 2 800 €. Daikin a d’abord refusé la garantie. La raison ? Aucun entretien en 3 ans. On a réussi à négocier en présentant des factures de nettoyage de filtres, mais ils ont quand même payé 800 € de franchise. Avec un contrat à 180 €/an, ils auraient économisé plus de 1 500 €.

Soyons clairs : si votre PAC dépasse 4 kW de puissance nominale, l’entretien est une obligation légale. Selon le décret n° 2020-912 du 28 juillet 2020, tous les systèmes thermodynamiques entre 4 et 70 kW doivent être entretenus tous les 2 ans maximum par un professionnel qualifié. Pour les installations existantes au 1er juillet 2020, le premier entretien devait être réalisé avant juillet 2022.

Votre PAC fait moins de 4 kW ? C’est le cas de certaines clim réversibles compactes. Là, pas d’obligation réglementaire. Mais franchement, ne pas l’entretenir serait une erreur. Un bon entretien, c’est la base pour que l’équipement dure 15 à 20 ans au lieu de 10. C’est aussi ce qui conditionne le maintien de la garantie constructeur.

Sur les dépannages que je réalise en Île-de-France, je rencontre régulièrement des propriétaires convaincus que leur PAC neuve n’a pas besoin d’entretien avant 5 ans. Résultat : garantie perdue et intervention d’urgence facturée 400 à 600 € au lieu des 150 à 200 € d’un entretien préventif. Ce constat est limité à mon activité sur des PAC résidentielles, mais il revient trop souvent pour être anecdotique.

L’entretien commence dès la bonne installation : si vous cherchez à comprendre les étapes d’installation d’une pompe à chaleur, vous verrez que le PV de mise en service est le point de départ de la garantie et du cycle d’entretien.

Attention : garantie constructeur en jeu

La plupart des fabricants (Daikin, Mitsubishi, Atlantic) conditionnent le maintien de leur garantie à un entretien régulier par un professionnel certifié RGE. Sans attestation d’entretien, vous risquez de devoir payer la totalité d’une réparation pouvant dépasser 2 000 €.

Ce que le technicien vérifie vraiment lors de l’entretien

L’unité intérieure fait partie des éléments vérifiés lors de l’entretien



Ce que je dis à mes clients : vous payez pour une visite, pas pour un coup d’œil. L’arrêté du 31 juillet 2020 assigne aux techniciens une mission précise. D’après les exigences définies par l’UFC-Que Choisir, la prestation doit inclure des vérifications complètes, des conseils personnalisés, et une attestation détaillée.

Pour comprendre ce qui est vérifié, il faut saisir le fonctionnement d’une pompe à chaleur : un compresseur, des échangeurs, un circuit frigorifique. Chaque composant a ses points de contrôle spécifiques.

Les 8 vérifications d’un entretien complet

  1. Contrôle pression et niveau du fluide frigorigène

    Le technicien vérifie que le R32 ou R410A est au bon niveau.

  2. Vérification étanchéité du circuit frigorifique

    Toute fuite de fluide = perte de performance et impact environnemental.

  3. Nettoyage filtres et échangeurs

    Des filtres encrassés réduisent le rendement de 10 à 15 %.

  4. Contrôle connexions électriques

    Serrage, état des câbles, protection différentielle.

  5. Test des sécurités haute et basse pression

    Ces dispositifs protègent le compresseur des dommages irréversibles.

  6. Mesure des performances (COP, températures)

    Vérification que la PAC produit bien ce qu’elle consomme.

  7. Vérification évacuation condensats

    Un bac obstrué = dégâts des eaux potentiels.

  8. Remise d’attestation datée et signée

    Document obligatoire listant tous les points vérifiés et défauts relevés.

Selon les recommandations de l’ADEME sur l’entretien, cette visite permet non seulement de prévenir les pannes, mais aussi d’obtenir des conseils personnalisés sur l’utilisation optimale de votre thermostat et les améliorations possibles.

Ce que vous pouvez vérifier vous-même

Entre deux entretiens professionnels, nettoyez les filtres de l’unité intérieure (tous les 3 mois) et dégagez les feuilles mortes autour de l’unité extérieure. Ces gestes simples préservent les performances sans nécessiter de qualification particulière.

Contrat d’entretien ou intervention ponctuelle : le vrai calcul

Le choix entre contrat et intervention ponctuelle dépend de votre situation



C’est la question que tout le monde me pose. Je ne vais pas vous mentir : dans 80 % des cas, l’intervention ponctuelle tous les 2 ans suffit largement. Mais il y a des situations où le contrat se justifie vraiment.

Voici le récapitulatif que j’utilise avec mes clients pour les aider à trancher. D’après les données 2025 de Thermor et Effy, les fourchettes de prix varient selon le type de PAC et la formule choisie.

Contrat annuel vs intervention ponctuelle : critères de décision
Critère Contrat annuel Intervention ponctuelle

Coût sur 10 ans

1 750 – 2 900 € 750 – 1 500 €

Disponibilité urgence

Prioritaire (24-48h) Selon planning (3-10 jours)

Pièces incluses

Souvent (hors compresseur) Rarement

Tranquillité d’esprit

Élevée Moyenne

Profil idéal

PAC de plus de 5 ans, budget prévisible PAC récente, budget serré

Le calcul est simple : une intervention ponctuelle coûte entre 150 et 300 € selon la région et le type de PAC. Un contrat annuel tourne autour de 175 à 290 €/an, mais inclut souvent la priorité d’intervention et parfois les petites pièces. Sur 10 ans, la différence peut atteindre 1 500 €.

Dans les dossiers que je vois, le contrat devient rentable à partir de la 7e ou 8e année d’utilisation. Avant, les pannes sont rares et couvertes par la garantie. Après, les composants commencent à fatiguer.

Conseil terrain

Si votre PAC a moins de 5 ans et tourne bien, l’intervention ponctuelle tous les 2 ans suffit largement. Le contrat devient intéressant au-delà de 7-8 ans, quand les pannes commencent à coûter cher. Cette recommandation vaut pour les PAC air-eau classiques. Les systèmes géothermiques, plus complexes, justifient un suivi plus rapproché.

Questions fréquentes sur l’entretien des pompes à chaleur

Puis-je nettoyer les filtres de ma PAC moi-même ?

Oui, et c’est même recommandé tous les 2 à 3 mois. Les filtres de l’unité intérieure se retirent facilement et se rincent à l’eau tiède. Laissez-les sécher complètement avant de les remettre. Cette opération simple ne remplace pas l’entretien professionnel obligatoire, mais contribue à maintenir les performances entre deux visites.

L’entretien est-il obligatoire pour une climatisation réversible ?

Ça dépend de la puissance. Une clim réversible est techniquement une PAC air-air. Si elle dépasse 4 kW de puissance nominale, elle est soumise au décret 2020-912 : entretien tous les 2 ans obligatoire. Les petits modèles split de 2 à 3 kW n’ont pas d’obligation légale, mais un entretien annuel reste conseillé.

Que faire si mon installateur a fermé depuis l’installation ?

Vous pouvez faire appel à n’importe quel professionnel certifié RGE QualiPAC. L’entretien n’est pas lié à l’installateur d’origine. Vérifiez la qualification sur le site faire.gouv.fr. En pratique, je conseille de demander plusieurs devis : les écarts peuvent aller du simple au double selon les régions.

L’attestation d’entretien est-elle obligatoire pour la revente ?

Pas légalement obligatoire pour la vente, mais fortement recommandée. Un acheteur averti demandera les attestations pour vérifier l’état du système. Sans ces documents, vous risquez une négociation à la baisse. Conservez toutes vos attestations pendant au moins 5 ans, voire toute la durée de vie de l’équipement.

Combien de temps garder les attestations d’entretien ?

Au minimum jusqu’au prochain entretien, soit 2 ans. En pratique, gardez-les pendant toute la durée de la garantie constructeur (5 à 10 ans selon les marques) et idéalement jusqu’à la revente du bien. Ces documents prouvent votre bonne foi en cas de litige sur une panne ou un sinistre.

La prochaine étape pour vous

Voici le calendrier que je recommande à tous mes clients : la première année après installation, vous gérez les vérifications simples (filtres, unité extérieure dégagée). Avant la fin de la deuxième année, vous planifiez l’entretien obligatoire avec un professionnel RGE. Ensuite, c’est tous les 2 ans, point. Notez la date dans votre agenda maintenant, vous éviterez les mauvaises surprises.

Limites et précautions

  • Les obligations peuvent varier selon la puissance et le type de votre PAC
  • Les tarifs mentionnés sont des moyennes constatées en 2024-2025 et varient selon la région
  • Seul un professionnel disposant d’une attestation de capacité peut manipuler les fluides frigorigènes
Rédigé par Marc Rousseau, technicien chauffagiste certifié RGE QualiPAC depuis 2016. Il intervient sur plus de 200 installations de pompes à chaleur par an en Île-de-France, de la mise en service à la maintenance préventive. Son expertise couvre les systèmes air-eau et air-air des principales marques (Daikin, Mitsubishi, Atlantic). Il forme régulièrement les équipes techniques aux évolutions réglementaires du secteur.